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Anonyme

Le Roman de Renart

Édition publiée sous la direction d'Armand Strubel avec la collaboration de Roger Bellon, Dominique Boutet et Sylvie Lefèvre

Parution le 5 Mai 1998
Bibliothèque de la Pléiade, n° 445
Achevé d'imprimer le 06 Avril 1998
1600 pages, rel. Peau, 105 x 170 mm

73.50 € Acheter le livre

ISBN : 9782070113484
Code distributeur : A11348
GENCOD : 9782070113484

Ce volume contient

Le Roman de Renart (Manuscrit de Paris, Arsenal 3334) : Le Jugement de Renart - Le Siège de Maupertuis - Renart teinturier. Renart jongleur - Le Duel judiciaire - La Confession de Renart - Le Pèlerinage de Renart - Le Puits - Le Jambon enlevé. Renart et le grillon - L'Escondit - Les Vêpres de Tibert - Chantecler, Mésange et Tibert - Tibert et l'andouille - Tibert et les deux prêtres - Tiécelin. Le Viol d'Hersent - Renart et les anguilles - Pinçart le héron - Renart et Liétard - Renart et Primaut - Renart le Noir - Renart médecin - Renart empereur - Le Partage des proies - La Mort de Renart. Les autres branches du «Roman de Renart» : La Mort de Renart (fin) - Isengrin et le prêtre Martin - Isengrin et la jument - Isengrin et les deux béliers - La Monstrance du cul - Comment Renart parfit le con - Renart magicien - Les Enfances de Renart - L'Andouille jouée au morpion. Autres écrits renardiens : Du noble lion ou La Compagnie de Renart - Philippe de Novare : Mémoires (extrait) - Récits d'un ménestrel de Reims : Exemple d'Isengrin et de la chèvre - Rutebeuf : Renart le bestourné. Sur Brichemer - Le Couronnement de Renart (vers 1675-2794) - Jean de Condé : Dit d'Entendement (vers 762-1075) - Dit de la queue de Renart.

Du Roman de Renart, ensemble de récits (les «branches») composés aux XIIe et XIIIe siècles, la Pléiade propose, principalement d'après un manuscrit inédit, une édition intégrale et bilingue (ancien français / français moderne). À l'origine de ces récits, une faute inexpiable, le viol par Renart de l'épouse d'Isengrin. Au centre, le goupil, universel trompeur. Autour de lui, des animaux qui jouent aux hommes : sans rien perdre de leur animalité, le loup Isengrin, le chat Tibert, le cerf Brichemer, barons du roi Noble, usurpent les dignités et le langage humains. Leurs valeurs ? l'intérêt, le désir, la volonté de puissance : les mœurs du temps et les travers des hommes trouvent dans le travestissement animal un miroir sans pitié. Ce qui les pousse à agir ? la faim. C'est parce qu'il faut manger que Renart se lance dans des aventures violentes, dont la puissance comique ne fait pas oublier l'extrême cruauté. Cruauté des situations, des gestes, des sentiments, cruauté des gabs, ces paroles lancées aux vaincus. Car le Roman de Renart est aussi le roman de la parole. Instrument de la ruse, arme des faibles (sans elle, un renard ne saurait vaincre un loup), la parole, ici, ne se soucie pas de vérité. Elle méconnaît les repères habituels du bien et du mal. Elle permet à qui la maîtrise - et nul ne la maîtrise mieux que Renart - de nier l'évidence, de triompher de la force et d'échapper toujours au châtiment. Les malheureux qui reçoivent les nombreuses «confessions» du goupil en savent quelque chose : écouter Renart, c'est, déjà, être sa victime.