La Pléaide

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Huysmans 2
L'actualité de la Pléiade

Huysmans : une actualité éditoriale exceptionnelle

A rebours de Joris-Karl Huysmans et Huysmans critique d’art. De Degas à Grünewald : deux ouvrages à paraître bientôt aux Éditions Gallimard, en coédition avec le Musée d'Orsay.

À rebours
Édition illustrée
Parution : 7 novembre

Si À rebours, grand roman de l’esthétique fin-de-siècle, arme le désir de briser les limites que s’imposait le naturalisme des années antérieures, ce « roman mental » n’en est pas moins truffé d’allusions et de références à l’époque. Son héros, des Esseintes, s’est dépris des « peintres de la vie moderne ». Entendons Degas, Forain, Manet… Redon, Moreau, Rops et Whistler conviennent mieux à son nouvel idéal de vie. Au-delà des œuvres et des artistes que le texte s’approprie à différents niveaux, d’autres présences, de la tortue endiamantée aux fleurs artificielles commandées sur catalogue, des locomotives érotisées aux virées nocturnes, reposent sur une iconographie d’époque, dont Huysmans était friand. En somme, il faut traiter À rebours comme un imagier où l’auteur aurait déposé ses goûts et ses dégoûts, résumé son parcours esthétique et exprimée l’inflation du visible dans le monde moderne. Un œil, le sien.

Coédition Gallimard / Musée d’Orsay, préface de Stéphane Guégan et André Guyaux. 256 p., 190 x 240 mm, 35 €.

Huysmans critique d’art. De Degas à Grünewald
Catalogue officiel de l’exposition au Musée d’Orsay, du 26 novembre 2019 au 1er mars 2020
Parution : 5 décembre

Huysmans (1848-1907), plutôt féru de Frans Hals et Rembrandt jusque-là, a avoué combien fut déterminante la découverte de Degas lors de l’exposition impressionniste de 1876, la deuxième du genre. L’artiste de la « commotion » jouira d’un statut particulier dans la critique d’art de l’écrivain, qui admet d’emblée la possibilité d’une double modernité : celle des peintres de la vie moderne, et celle des explorateurs du rêve. Son désir d’échapper aux logiques de chapelle aura toutefois porté tort à Huysmans, dont le massif critique souffre encore d’une méconnaissance relative. Cet ouvrage entend montrer que ce supposé fils de Zola agit davantage, et très tôt, en héritier de Baudelaire, sa véritable autorité, et Gautier, très souvent cité, comme si le romancier de Marthe s’était dès le départ
doublé de celui d’À rebours. Le lecteur est ainsi invité à reprendre pied dans un moment particulier de l’art européen et de la sensibilité moderne, à la croisée de la poussée naturaliste des années 1870, du décadentisme des années 1880-1890 et du « retour » aux Primitifs sur fond de renaissance catholique. Il est peu de grands écrivains qui aient été aussi impliqués que lui dans ce vaste mouvement d’époque.

Coédition Gallimard / Musée d’Orsay, sous la direction de Stéphane Guégan et André Guyaux. 224 p., 176 x 250 mm, 35 €.

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