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Milan Kundera

Œuvre

Tome I Trad. du tchèque par Marcel Aymonin et François Kérel

Parution le 24 Mars 2011
Bibliothèque de la Pléiade, n° 567
Achevé d'imprimer le 24 Février 2011
1504 pages, rel. Peau, 105 x 170 mm

63.00 € Acheter le livre

ISBN : 9782070119356
Code distributeur : A11935
GENCOD : 9782070119356

Ce volume contient

Risibles amours - La Plaisanterie - La vie est ailleurs - La Valse aux adieux - Le Livre du rire et de l'oubli - L'Insoutenable Légèreté de l'être.

«La seule chose que je désirais […] profondément, avidement, c’était un regard lucide et désabusé. Je l’ai trouvé enfin dans l’art du roman. C’est pourquoi être romancier fut pour moi plus que pratiquer un "genre littéraire" parmi d’autres ; ce fut une attitude, une sagesse, une position ; une position excluant toute identification à une politique, à une religion, à une idéologie, à une morale, à une collectivité ; une non-identification consciente, opiniâtre, enragée, conçue non pas comme évasion ou passivité, mais comme résistance, défi, révolte. J’ai fini par avoir ces dialogues étranges : "Vous êtes communiste, monsieur Kundera? — Non, je suis romancier." "Vous êtes dissident? — Non, je suis romancier." "Vous êtes de gauche ou de droite? — Ni l’un ni l’autre. Je suis romancier."»
Milan Kundera, Les Testaments trahis.

Dans Le Rideau, Milan Kundera oppose à la «morale de l’archive», qui justifie la publication de tout ce qu’un auteur a pu écrire, la «morale de l’essentiel» : seuls appartiennent à l’œuvre les textes que l’auteur juge dignes d’être retenus. Le reste relève de la biographie, peut-être des marges de l’œuvre, non de l’œuvre elle-même. La présente édition ne propose donc pas des Œuvres complètes, mais une Œuvre, complète dans la mesure où l’auteur en a lui-même dessiné les contours, fixé le titre et arrêté la présentation. Au sommaire de ces deux volumes figurent un recueil de nouvelles, neuf romans, une pièce de théâtre dont le point de départ est un roman et quatre essais consacrés pour l’essentiel à l’art du roman : quinze livres où se réalise pleinement la volonté esthétique de Milan Kundera, mûre, consciente, assumée. Le texte de ces livres, souvent retouché par l’auteur à l’occasion de rééditions ou de simples réimpressions, se veut aussi définitif que possible.
On chercherait en vain, dans cette édition, une biographie de Kundera. On y trouvera en revanche la biographie de son œuvre. En quinze chapitres, un par livre, François Ricard retrace le destin de ces livres et évoque les circonstances de leur publication, de leur diffusion, de leur réception. Ces chapitres sont enrichis d’extraits de déclarations, de notes ou de préfaces dues à Milan Kundera : autant d’écrits jusqu’alors difficilement accessibles, voire inédits en français.

Kundera Le grand oeuvre

André Clavel, L'Express (30 mars/05 avril 2011)

«la littérature est une sagesse, une chasse spirituelle, une besogne de médium face à une humanité qu'il met en scène avec ses travers et ses tricheries, avec son insoutenable bouffonnerie mais, aussi, avec ses rêves les plus secrets. Entomologiste des coeurs, anatomiste de nos moeurs, Kundera a construit ses romans comme autant de « sondes existentielles » lancées vers les horizons brouillés d'une époque dont il aura décrit les impasses, les illusions.»

 Le sacre de Kundera

Benoît Duteurtre, Marianne (26 mars/01 avril 2011)

«Concernant d'abord la « superficie » de l'oeuvre, qu'on ne s'attende pas à trouver ici des fonds de tiroir, premières versions, ébauches, textes inachevés, articles de circonstance qui font le bonheur des éditeurs quand l'écrivain n'est plus là pour les interdire. Pour lui, sa production tient dans cette série de livres achevés - plusieurs fois revus, notamment dans les détails de traduction. L'écrivain n'est pas là pour assumer le moindre brouillon de jeunesse, le moindre écrit de circonstance ; il peut désigner ce qu'il estime digne d'être lu et relu.»
 

L'admirable complexité de l'être

Nathalie Crom, Télérama (26 mars/01 avril 2011)

«Il n'est qu'à lire ses essais (L'Art du roman, Les Testaments trahis, Le Rideau...) pour pressentir combien Kundera est en fait un romancier aux desseins admirables, essentiels et limpides.»

L'immortalité, et après ?

Philippe Forest, Le Monde des Livres, (25 mars 2011)

«L'excellente édition de François Ricard se caractérise par une fidélité presque fanatique aux principes mêmes selon lesquels l'auteur entend être lu : l'oeuvre et rien que l'oeuvre, ou plus exactement seulement ce qui, dans l'oeuvre, a reçu l'agrément final de l'auteur. [...] Il faudrait être de la plus parfaite mauvaise foi pour ne pas reconnaître que Milan Kundera mérite largement cette « grande immortalité» que consacre son entrée dans « La Pléiade », car son oeuvre se situe tout simplement au premier rang de la littérature d'aujourd'hui.»

 Kundera pléiadisé

Didier Jacob, Le Nouvel Observateur (24 mars 2011)

«La Pléiade rassemble aujourd'hui son recueil de nouvelles (« Risibles Amours », son livre auquel il est le plus attaché, dit-il), les grands romans qu'il publie entre 1967 et 2003, et puis ses essais. Ce qui frappe dans cette édition, c'est l'esprit d'équipe de la formation tout entière. La cohérence de la vision, et puis les obsessions : multiplication des points de vue (comme dans « la Plaisanterie »). Mélange des genres (Kundera n'écrit pas de romans politiques, mais des romans d'amour ou l'on parle politique). Préférence marquée pour les figures féminines (les inoubliables Tereza et Sabina de l'« Insoutenable Légèreté »). Et puis cette manière qu'il a (héritée peut-être de Diderot, à qui il a rendu hommage dans sa pièce «Jacques et son maître ») d'articuler imagination et réflexion comme face et pile d'une même monnaie romanesque.»

 Kundera en son mausolée

Jean-Paul Enthoven, Le Point (17 mars 2011)

«C'est le genre de jubilation qui, d'ordinaire, n'advient qu'à titre posthume. Et qui impose de contempler son existence dans un rétroviseur mélancolique : soit donc un écrivain, encore alerte et espiègle, qui tient entre ses mains les deux volumes de son « Oeuvre». Tout y est en ordre, bien peigné, méticuleusement incrusté dans une éternité de papier bible.»

Milan Kundera, l'artiste du roman

Marc Fumaroli, de l'Académie Française, Le Figaro Littéraire (10 mars 2011)

«La Pléiade de Kundera est exemplaire. La seule et sobre biographie qui y figure, oeuvre du meilleur connaisseur de l'écrivain, François Ricard, porte exclusivement sur les oeuvres, leur genèse, leur publication, leur réception. [...] Les romans et nouvelles de Kundera sont publiés ici dans le texte jugé par lui definitif tant de leur traduction en français que des originaux écrits dans notre langue, lesquels occupent la plus grande partie du second volume. De ce diptyque, l'unité statistique est saisisante.»